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Jean–Cocteau et les Noailles : Correspondance(s)

 
 
 

COMMISSARIAT

Stéphane Boudin-Lestienne et Alexandre Mare

 

 

CITATIONS & EXTRAITS

"La vraie richesse résulte d’une suite de tortures et d’injustices. Vous payez votre confort. Vous passez votre examen de noblesse profonde. Nous évaluons le bonheur et le malheur d’après un code. Verriez-nous notre idéal de bonheur sous forme d’oeuvre d’art, ce serait à vomir. Les belles oeuvres changées en état humain ressembleraient plutôt à ce qui nous semble inévitable. Nous sommes très lâches et la vie nous force à payer selon notre rang." 

Jean Cocteau à Charles de Noailles, 4 janvier 1931

 

"Merci Jean, de votre lettre. Elle était si adorable que j’étais en la lisant dans la chambre de Saint Mandrier. J’espère que celle-ci vous transportera un peu ici : vous comprendriez mieux de vos yeux qu’a travers la maladresse. Jean, je suis contente de ce vous me dites de la petite maison. Charles en est tout heureux aussi. Nous vous aimons tous les deux et moi du fond du coeur parce que de toujours."  Marie-Laure de Noailles à Jean Cocteau, vendredi 30 septembre 1932

 

"Quelle joie de penser que nous habiterons le même pays. Affectueusement, Charles de Noailles à Jean Cocteau, lettre du 26 janvier 1933.

Ce livre, écrit à Pramousquiers (pension Bessy) sur la même table où Raymond Radiguet écrivait Le Bal [du comte d’Orgel], appartient Marie-Laure que je tenais sans cesse devant mes yeux en peignant mademoiselle de Bormes.

Jean Cocteau, Février 1933, dédicace au manuscrit de Thomas l’imposteur

 

Vous avez été présent dans mon coeur pendant une si longue absence que je sais que plus rien au monde ne peut changer - en dehors de la mort – le sentiment plus que l’amour : l’amitié quasi divine qui me maintiendra toujours à vos côtés.

Marie-Laure de Noailles à Jean Cocteau, 3 mars 1933

 

 

 

 

 

Pour évoquer les liens d’amitiés, de complicités, les heurts, les questionnements, les incompréhensions parfois, qui font toute la richesse de ce qui unit le couple de mécènes, Charles et Marie-Laure de Noailles et Jean Cocteau, il fallait une exposition ambitieuse qui permettrait de rendre compte de toute la complexité de leurs relations pendant près de cinquante ans. Les recherches récentes, en mettant à jour de nombreux documents et oeuvres inédites, permettent d’éclairer plus précisément cette longue histoire qui entre en résonnance avec les tumultes artistiques et intellectuels du XXe siècle.

 

[Igor Markevitch] Jean Cocteau et Marie-Laure de Noailles, Villars-sur-Ollon, Suisse, 1934 Reproductions d’après les originaux, Collection particulière en dépôt à la villa Noailles

[Igor Markevitch]

Jean Cocteau et Marie-Laure de Noailles, Villars-sur-Ollon, Suisse, 1934

Reproductions d’après les originaux, Collection particulière en dépôt à la villa Noailles

 

UNE EXPOSITION INÉDITE

L’exposition, Cocteau et les Noailles, correspondance(s), comptera près d’une centaine de pièces : dessins, tableaux, photographies, manuscrits et documents dont beaucoup sont inédits. Ainsi seront présentés pour la première fois les onze cahiers d’écolier sur lesquels Cocteau écrivit son second roman, Thomas l’imposteur, manuscrit essentiel dans l’oeuvre de Cocteau, acheté par Marie-Laure et Charles de Noailles pour aider le poète et qui demeurait introuvable jusqu’alors. S’y ajoute un exemplaire unique et fascinant de ce roman, enrichi par Cocteau de photographies prises durant la Première Guerre mondiale. D’autres manuscrits, inédits eux aussi, trouveront leur place (l’esquisse de ce qui deviendra La Machine infernale, pièce dédicacée aux Noailles, l’Essai de Critique indirecte qui se trouve dans les collections de la maison Chanel), mais aussi une grande toile qui n’avait jamais été exposée ni reproduite, projet de rideau de scène pour un ballet, Judith de François Serrette (1962).

Seront exposés également un ensemble d’un vingtaine de dessins de Thomas l’Imposteur, tout autant de dessins originaux issus du livre Jean Loiseleur ou ceux du mythique Livre blanc (dont celui imprimé spécialement pour le couple de mécènes), jugé alors scandaleux, que les Noailles acquièrent afin d’en permettre l’édition. Quant au cinéma c’est évidemment par le biais du Sang d’un poète, entièrement financé par les Noailles, qu’il sera évoqué : un ensemble exceptionnel de photographies de plateau de Sacha Masour, mais aussi le tapuscrit de travail et autres documents rares seront exposés tout comme une broche réalisée pour la couturière Elsa Schiaparelli. Ces oeuvres seront mises en regard des correspondances échangées, les lettres de Charles et Marie-Laure de Noailles à leur ami, témoignant de cette amitié « quasi divine » comme la qualifiait la vicomtesse.

 

À gauche : Jean Cocteau Esquisse pour la couverture du programme du festival de musique, Hyères 20 avril 1932 Encre et crayon sur papier Ancienne collection Noailles, acquis par Serge Lifar, collection villa Noailles   À droite :  Jean Cocteau Envoi accompagnant le manuscrit de Thomas l’imposteur à Marie-Laure de Noailles Carte postale dédicacée Ancienne collection Noailles, acquis par Serge Lifar, légué au Palais Princier de Monaco en dépôt au Nouveau Musée National de Monaco

À gauche : Jean Cocteau

Esquisse pour la couverture du programme du festival de musique, Hyères 20 avril 1932

Encre et crayon sur papier

Ancienne collection Noailles, acquis par Serge Lifar, collection villa Noailles

 

À droite :  Jean Cocteau

Envoi accompagnant le manuscrit de Thomas l’imposteur à Marie-Laure de Noailles

Carte postale dédicacée

Ancienne collection Noailles, acquis par Serge Lifar, légué au Palais Princier de Monaco en dépôt au Nouveau Musée National de Monaco

DES PARTENAIRES 

Cette exposition est présentée en partenariat avec le Nouveau Musée National de Monaco qui prête pour l’occasion des oeuvres et documents exceptionnels. Elle bénéficie également du soutien de nombreuses institutions publiques comme la Maison Jean Cocteau de Milly-la-Forêt, la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris, la Bibliothèque Inter-universitaire de Montpellier, le Musée Cocteau – collection Severin Wunderman, de Menton.

De nombreux et prestigieux partenaires privés nous ont eux aussi apportés leur

confiance en nous permettant de leur emprunter des pièces importantes :

la Maison CHANEL - mécène principal de l’exposition Charles et Marie-Laure de Noailles, une vie de mécènes, la Maison Schiaparelli et la Collection Ioannis Kontaxopoulos et Alexandre Prokopchuk (Bruxelles).

 

L’exposition présentera aussi de nombreuses acquisitions réalisées par la villa

Noailles grâce au soutien de l’association des amis de Saint-Bernard qui aide à

l’enrichissement des collections de l’exposition permanente depuis 2010.

NOUVEL ACCROCHAGE DE l'EXPOSITION PERMANENTE

 Exposition en partenariat avec le Nouveau Musée National de Monaco, NMNM

sur une proposition de Jean-Pierre Blanc, directeur de la villa Noailles

 

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Téléchargez le communiqué de presse complet de l'exposition "Jean-Cocteau et les Noailles : correspondance(s)" ici. 

 

 

EXTRAITS

Dédicace à Marie-Laure et à Charles de Noailles
"J’ai souvent répété qu’une chose ne pouvait à la fois être et avoir l’air. Ce credo perd de son exactitude lorsqu’il s’agit du théâtre, sorte d’enchantement assez louche où l’avoir l’air règne comme le trompe-oeil sur les plafonds italiens. Or, cet enchantement, personne au monde n’en exploite mieux les ressources que Christian Bérard, lorsqu’il oppose au réalisme et aux stylisations ce sens de la vérité en soi, d’une vérité qui dédaigne la réalité, méthode inimitable n’ayant d’autres objectif que de mettre dans le elle à chaque coup. Je lui composai d’abord une dédicace de reconnaissance, mais, en somme, n’est-il pas logique de nous unir pour dédier ensemble une collaboration si profonde à Marie-Laure et Charles de Noailles, singulier ménage d’artistes, possédant le génie sous sa forme la plus rare, je veux dire le génie du coeur. Jean Cocteau, Dédicace en tête de La Machine infernale, Grasset, 1934.
 
Très chère Marie-Laure, j’aime en toi la noblesse et le feu. Jean Cocteau à Marie-Laure de Noailles, juin 1955.